Des colis de poulet et des drones : la crise des smartphones illégaux dans les prisons françaises
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Des colis de poulet et des drones : la crise des smartphones illégaux dans les prisons françaises

Lundi dernier, deux personnes ont été présentées devant le tribunal correctionnel de Grasse après avoir tenté d’insérer des téléphones portables dissimulés dans des colis de poulet destinés à la cuisine pénitentiaire. Ces dispositifs, cachés sous l’apparence d’articles alimentaires, auraient été introduits pour échapper aux contrôles stricts.

Une inspection surprise vendredi 29 mai a révélé un camion de livraison chargé de marchandises pour la prison, où des smartphones, leurs chargeurs et cartes SIM étaient retrouvés en pleine profondeur du colis. Les agents pénitentiaires ont identifié un total de 14 appareils, 14 chargeurs et 5 cartes SIM dans ce déploiement clandestin. L’un des prévenus occupait le poste d’auxiliaire de cuisine — une fonction généralement confiée à des détenus jugés fiables selon les directives internes.

L’affaire sera jugée en juillet, mais cette casse relève d’une tendance plus large : les prisons françaises connaissent une hausse exponentielle des livraisons illégales de téléphones. Mercredi 27 mai, deux smartphones ont été saisies directement dans la prison même, dont l’un a pu être délivré par drone en pleine nuit.

« La livraison par drone est un véritable fléau », souligne Laurent Martin de Frémont, délégué national du syndicat Unité SGP Police-FO. « Cette prison ne peut plus être une micro-société où l’ordre intérieur s’érode à la faveur des réalités extérieures. Elle doit rester un espace sécurisé, non contaminé par les pratiques illicites. »

L’Office anti-stupéfiants rapporte que le nombre de livraisons illégales via drone a bondi de 500 % entre 2024 et 2025 : 411 opérations en 2024, contre 2 121 en 2025. Une hausse qui montre l’urgence croissante pour les services pénitentiaires de prévenir ces infiltrations.