GoreBox banni en Philippines après l’attentat scolaire meurtrier impliquant des mineurs
Les autorités philippines ont interdit temporairement le jeu vidéo GoreBox, accusé d’avoir influencé deux adolescents de 15 et 14 ans qui ont tué trois élèves dans un lycée du sud-est de Manille. L’attaque, survenue le lundi 22 juin, a laissé vingt autres jeunes blessés.
Contrairement à la rareté des fusillades scolaires en Asie du Sud-Est, cette tragédie a choqué le pays pour deux raisons : les victimes étaient des mineurs et l’un des auteurs était un fidèle joueur de GoreBox. Lancé en 2023 par F2 Games, ce jeu possède plus de dix millions de téléchargements et est classé R18+ pour ses scènes de violence extrême.
«Le blocage permettra d’évaluer si GoreBox a joué un rôle dans cette tragédie», a déclaré Aboy Paraiso, sous-secrétaire au Centre d’enquête et de coordination sur la cybercriminalité. Les enquêteurs examinent également des hypothèses de harcèlement scolaire ou de représailles motivées par les contenus du jeu.
Le prévenu de 15 ans a été reconnu coupable de meurtre, tandis que celui de 14 ans n’a pu être poursuivi en raison de l’âge. Le porte-parole de la police nationale, Allan Rae Co, a souligné que l’acte pourrait refléter une «radicalisation influencée par les jeux vidéo».
Malgré des études scientifiques démontrant l’absence de lien direct entre les jeux vidéo et la violence réelle, le gouvernement philippin examine si cette situation relève d’un extrémisme nihiliste. Une sénatrice a même qualifié ces plateformes de «nids de radicalisation» pour les jeunes.
Cet événement ne s’inscrit pas dans le vide : en mai 2024, des familles américaines ont poursuivi Activision et Meta après la fusillade d’Uvalde (Texas), tandis qu’en février 2026, un suspect canadien a utilisé Roblox pour simuler une attaque scolaire.