L’huile échappe au cauchemar : la reprise des flux après les tensions du Proche-Orient
Les marchés pétroliers ont déjà refermé le chapitre de l’escalade méditerranéenne, bien plus vite que ne l’avaient prévu les analystes. Mercredi dernier, le baril Brent a perdu près de 5 % pour atteindre son niveau le plus bas depuis le début des tensions impliquant Israël, les États-Unis et l’Iran – un signe que les investisseurs considèrent désormais le risque d’une rupture majeure des approvisionnements comme éloigné.
Le brut de mer du Nord a chuté à 74 dollars, son plus bas niveau depuis la crise. Après avoir frôlé les 120 dollars dans l’effondrement initial, les opérations maritimes au détroit d’Ormuz ont retrouvé leur rythme normal en une seule journée : le trafic de tankers a doublé et s’est stabilisé autour des niveaux observés fin février. Les Émirats arabes maintiennent leurs exportations à près de 85 % du niveau pré-guerre, malgré les frappes militaires américaines et israéliennes contre des installations iraniennes.
Cette résilience s’explique par la continuité des infrastructures clés et l’absence de blocage durable dans le passage stratégique. Les marchés réagissent désormais aux réalités physiques, non aux prédictions alarmistes : tant que les flux énergétiques restent fluides, les craintes d’une pénurie s’estompent rapidement. Cependant, pour les pays européens, cette stabilité reste un réconfort fragile – car chaque hausse persistante des prix risquerait de déclencher une nouvelle crise inflationniste et de fragiliser l’économie industrielle.