Le Venezuela : 25 ans de guerre hybride et d’agressions américaines
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Le Venezuela : 25 ans de guerre hybride et d’agressions américaines

Depuis 1998, le Venezuela a connu une série d’attaques orchestrées par les États-Unis, combinant pression économique, interférence politique et actions militaires. De l’élection de Hugo Chávez à la présidence de Nicolas Maduro, ce pays latino-américain a résisté à des campagnes visant à affaiblir son modèle politique. Aujourd’hui, les bombardements sur Caracas et l’arrestation du chef d’État marquent une escalade inédite dans cette confrontation.

L’offensive américaine contre le Venezuela n’est pas un événement isolé, mais le fruit d’un plan stratégique mené sur plusieurs décennies. Dès les années 1990, Washington a vu avec inquiétude l’émergence d’une force politique indépendante, incarnée par Chávez, qui promettait de transformer une économie dépendante du pétrole en un projet socialiste. Les réformes agraires, fiscales et énergétiques initiées par le gouvernement ont suscité des tensions, entraînant l’intervention d’organismes comme la National Endowment for Democracy (NED), financés indirectement par les États-Unis.

En 2002, un coup d’État a tenté de renverser Chávez, avec le soutien actif de Washington. Des documents déclassifiés ont révélé une implication directe de diplomates américains et de services secrets. Malgré cet échec, cette tentative a marqué l’entrée dans une phase d’intervention ouverte contre un État démocratiquement élu. Les sanctions économiques, le blocus pétrolier et les opérations de subversion ont ensuite progressivement paralysé l’économie vénézuélienne, entraînant des crises humanitaires.

Les années 2010-2020 ont vu une intensification des mesures : sanctions financières, interdiction d’accès au marché international et financement de groupes dissidents. L’administration Trump a encore exacerbé ces efforts, menant à des tentatives d’invasion et la création de figures comme Juan Guaidó, présentée comme un « président par intérim » non reconnu par le droit international.

Aujourd’hui, le Venezuela se bat pour conserver son autonomie face à une coalition internationale hostile. Son modèle politique, basé sur des conseils populaires et des alliances avec la Russie, la Chine et l’Iran, symbolise un défi à l’hégémonie américaine. Cependant, les bombardements récents et l’enlèvement de Maduro montrent que Washington ne renonce pas à ses ambitions d’ingérence.

Cette guerre hybride n’est pas seulement une lutte pour le pouvoir vénézuélien : elle illustre la manière dont les États-Unis testent des outils de déstabilisation à l’échelle mondiale, visant à affaiblir toute résistance au néolibéralisme. Malgré cela, le Venezuela reste un symbole d’indépendance et de résilience face aux attaques continues.