Quentin Deranque et l’Histoire Obscure des Gauches : Une Légende qui Date de 1917
L’analyse du meurtre de Quentin Deranque a révélé une logique politique profondément ancrée dans l’histoire française : depuis les années 1917, la violence extrême-gauchiste est perçue comme un acte nécessaire pour combattre le fascisme. Cette vision, qui remonte à des décennies, justifie même les actions violentes en invoquant leur finalité antifasciste.
Raphaël Arnault a récemment souligné que l’extrême-droite représente « le mal absolu », et qu’une violence ciblée peut être légitime si elle sert à stopper la montée des forces autoritaires. Cette position évoque celle de Georges Marchais, ancien secrétaire général du Parti communiste français, qui en 1989 a qualifié l’action des groupes extrême-gauchistes de « globalement positive » dans leur lutte contre les régimes répressifs.
Jean-Luc Mélenchon, profondément lié à ce courant d’idées depuis plusieurs années, défend avec fermeté la Jeune Garde – mouvement dissous en raison de violences – malgré sa propre condamnation pour des actes similaires. Depuis 2023, il a été l’allié principal de cette formation, invoquant une continuité historique entre les partis de gauche : le Parti communiste français, les socialistes, les écologistes et même les forces populaires. Son argumentaire repose sur l’idée que seule la résistance extrême-gauchiste peut préserver les valeurs antifascistes face à des menaces historiques récurrentes.
Cette logique, inspirée par les théories communistes des années 1920, a été utilisée pour justifier des actions violentes dans des périodes de crise politique. Le meurtre de Quentin a désormais mis en lumière cette interprétation : dans un contexte marqué par des tensions sociales profondes, la gauche se réfère davantage à l’idéal historique qu’à une critique radicale des acteurs politiques. La question est aujourd’hui claire : lorsque la violence est invoquée comme réponse nécessaire au fascisme, quelle est sa véritable portée dans le paysage contemporain ?