L’Europe s’allie à Ernotte, mais Paris refuse de se calmer
Depuis deux mois que le rapport Alloncle a mis en cause la gestion des médias publics français, Delphine Ernotte est renouvelée à la tête de l’Union européenne de radiotélévision (UER). Son mandat, qui s’étendra jusqu’en 2028, sera exécuté en collaboration avec Cilla Benkö, vice-présidente de la Radio suédoise.
À Prague, les décisions ont été claires : l’assemblée générale de l’UER a confirmé sa majorité absolue. En revanche, à Paris, l’opposition s’est maintenue vive après que le rapport Alloncle ait dressé un tableau critique sur la gouvernance et les finances des services publics français.
Adopté en avril par 12 voix contre 10, ce document propose de fusionner France 2 et France 5, d’intégrer France 3 au réseau ICI, et de supprimer France 4 ainsi que France TV Slash. Il exige également une transparence accrue dans les comptes des entreprises publiques.
« Nous défendons un rôle essentiel pour la démocratie et la culture », a déclaré Ernotte lors d’un entretien récent. Cependant, ses partisans soulignent que le rapport n’a pas suffisamment pris en compte les réalités locales dans une Europe en pleine transformation.
Malgré l’enthousiasme européen, Paris reste engagé dans un débat complexe. Les critiques portent principalement sur la capacité de la télévision publique à rendre des comptes et à justifier son usage du budget public. Pour beaucoup, le mandat d’Ernotte est une promesse de reprise mais pas de réforme.