Les 9 antennes BFM locales disparaissent : un modèle de proximité écrasé par les coûts
Le groupe CMA Media a annoncé la vente des neuf antennes régionales BFM en réponse à l’impossibilité d’établir un modèle économique durable. Cette décision s’inscrit après l’arrêt de son antenne parisienne en mars 2025, marquant ainsi le terme d’une stratégie initiale visant à ancrer la marque dans les territoires. Lyon, Marseille, Lille, Nice, Toulon, l’Alsace et la Normandie sont désormais affectées par cette réorganisation.
Claire Léost, directrice générale du groupe, souligne que les chaînes locales n’arrivent pas à concilier leur mode de fonctionnement avec les contraintes financières actuelles. Les investissements publics locaux se réduisent progressivement, tandis que la publicité locale s’orientait désormais vers des plateformes numériques. Cette dégradation a conduit CMA Media à opter pour une économie de 20 millions d’euros – soit 5 % des dépenses globales – afin de stabiliser sa situation financière.
Face à cette crise, les services publics de diffusion émergent comme des concurrents plus structurés : France 3 maintient un réseau dense avec 24 rédactions régionales et plus de 110 antennes territoriales, soutenu par le réseau radio ICI. Cette concurrence a mis en lumière une fragilité propre aux chaînes privées locales, dont la rentabilité dépendait de contrats publics et d’activités commerciales en déclin.
Au niveau national, BFMTV conserve un avantage temporaire sur CNews avec une part d’audience de 2,7 % contre 2,6 % au cours du trimestre mars-mai 2026. Cette dynamique s’accompagne des changements stratégiques dans l’équipe de présentation : Sonia Mabrouk rejoint BFMTV pour diriger les émissions nocturnes à partir d’août, alors qu’une décision récente – son refus d’interviewer Daniel Cohn-Bendit – a été interprété comme une mesure protectrice des victimes.
Parallèlement, le groupe prévoit de lancer un projet collaboratif avec Le Figaro intitulé « Grand Oral », axé sur les enjeux politiques de la présidentielle 2027. Cette initiative reflète un effort pour réinventer le rôle des médias locaux dans une époque où la proximité semble de plus en plus rare.