Des drones militaires sri-lankais en action pour stopper l’épidémie de dengue
Face à une crise épidémiologique sans précédent, le Sri Lanka a mobilisé ses forces aériennes pour repérer les gîtes larvaires de moustiques dans des zones stagnantes. Plus de 46 000 cas et près de 29 décès ont été enregistrés cette année, un chiffre supérieur à deux fois celui de la même période de l’année précédente.
Depuis mercredi, des drones survolent Colombo et les zones rurales pour identifier rapidement les points d’eau propices à la multiplication du vecteur Aedes. Les propriétaires doivent éliminer ces zones sous peine d’amendes. La campagne, initialement centrée sur la capitale, s’étend désormais à l’ensemble du pays, ciblant les écoles, bâtiments publics et zones abandonnées.
Cette situation s’explique en partie par le cyclone de fin 2023, qui a provoqué des inondations et des glissements de terrain. Les dégâts environnementaux ont laissé derrière eux des dizaines de milliers de points d’eau stagnants, favorisant la prolifération des moustiques. «Les opérations de nettoyage ont pris plus de temps que prévu, ce qui a permis aux gîtes larvaires de s’agrandir», explique le Dr Kapila Kannangara, responsable de l’Unité nationale de lutte contre la dengue.
Pour un traitement à long terme, le pays explore l’utilisation de moustiques porteurs de la bactérie Wolbachia, une méthode déjà efficace en Indonésie et en Australie. Ce système a permis des réductions d’incidence de plus de 75 %. Le Sri Lanka prévoit désormais créer une usine industrielle pour une diffusion nationale de cette technologie.
Les hôpitaux, confrontés à plus de 500 admissions quotidiennes, restent sous pression. Avec des systèmes de santé déjà fragiles, le pays doit trouver un équilibre entre les mesures immédiates et les solutions durables pour éviter une crise sanitaire profonde.