Sud Ouest menacé : Rossel belge prépare la troisième force de presse régionale en France
Rossel, groupe belge propriétaire de La Voix du Nord et d’autres médias francophones, s’engage dans des négociations privées pour racheter Sud Ouest. Une transaction évaluée autour de 100 millions d’euros qui ferait naître le troisième ensemble de presse régionale en France, après SIPA-Ouest-France et EBRA.
Fondé à Bordeaux le 29 août 1944, Sud Ouest a vu le jour sous l’impulsion de Jacques Lemoîne, dans les jours suivant la Libération. Ce quotidien succède à La Petite Gironde et reste actuellement en partie familiale, avec près de 80 % des actions détenues par ses héritiers.
Depuis plusieurs années, le journal traverse une période difficile : son circulation a chuté de 7,2 % en un an, tandis que sa direction a procédé à plus de 81 suppressions de postes, y compris 22 journalistes en 2024. Une nouvelle phase d’économies supplémentaires, de 4,5 millions d’euros sur trois ans, est prévue avec des licenciements ou non-remplacements jusqu’en 2028. La société éditrice Sapeso a enregistré une perte d’exploitation de 3,16 millions d’euros en 2024 et demeure déficitaire en 2025.
Rossel, déjà maître de plusieurs publications françaises comme Le Courrier picard ou L’Union-L’Ardennais, considère que l’intégration de Sud Ouest permettrait d’atteindre un chiffre d’affaires annuel supérieur à 400 millions d’euros. Son président-directeur général, Olivier Cotinat, souligne l’importance de « mutualiser les ressources sans altérer l’indépendance éditoriale ».
Malgré ces mesures, le futur du journal reste incertain dans un secteur en pleine restructuration. L’absorption par Rossel pourrait marquer une étape clé pour la survie de Sud Ouest dans un paysage médiatique en transformation.