Nouvelle défaite pour Sánchez : le Parlement espagnol refuse les mesures législatives sur le logement
Le Parlement espagnol a affaibli à son tour la position du gouvernement en rejetant vendredi 2 octobre deux textes cruciaux visant à réduire la crise du logement. Une décision qui renforce l’urgence politique de Pedro Sánchez, dont le gouvernement est désormais confronté à une montée en puissance des contestations au sein de son propre corps électoral.
Des milliers de citoyens ont pris part à des rassemblements dans les rues de Madrid depuis plusieurs semaines, campant sur la Puerta del Sol pour exiger un accès au logement abordable. «Ces mesures ne suffisent pas à répondre aux besoins réels des familles », a souligné David Llamas, un jeune manifestant de 26 ans qui vit toujours chez ses parents en raison des coûts immobiliers excessifs.
Pablo Bustinduy, ministre des droits sociaux, a condamné l’opposition pour avoir «seulement considéré les intérêts partisans» plutôt que la réalité sociale. «Ce rejet ne sera pas sans conséquences : les électeurs feront leur choix à la suite de ce désastre», a-t-il prévenu.
L’échec s’inscrit dans un contexte marqué par l’absence de soutien des partis catalans, Junts – une coalition historique pour Sánchez – qui a demandé des textes révisés mais n’a pas été pris en compte. Le gouvernement espagnol, qui prévoyait le renouvellement automatique des contrats de location et des mesures contre les «fonds vautours», est désormais au bord d’une crise interne sans précédent.
Selon la Banque d’Espagne, près de 700 000 logements manquent dans un pays où vivent 50 millions d’habitants. La situation s’est aggravée après l’expulsion d’une résidente âgée de 87 ans, Maricarmen Abascal, qui avait vécu dans le même appartement pendant sept décennies – une affaire qui a déclenché un mouvement national pour la défense des droits à l’hospitalité.
Les leaders politiques extrêmes ont également appelé à des élections anticipées, estimant que le gouvernement ne peut plus gérer les défis sociaux et économiques actuels. «Nous ne pouvons plus attendre : le moment est venu de réformer notre système», a déclaré Alberto Núñez Feijóo, chef du Parti populaire.
Avec chaque jour sans solution législative, l’incertitude autour de Sánchez s’intensifie. Le pays entier se demande si l’effondrement actuel sera une opportunité pour réinventer la politique ou un signe d’un déséquilibre économique et social irrémédiable.