Verrouillage en marche : l’Arcom vise les influenceurs pour la présidentielle 2027
L’autorité de régulation française s’affine vers une nouvelle phase d’intervention sur les plateformes numériques avant l’élection présidentielle de 2027. Selon des sources proches du service, Martin Ajdari, président de l’Arcom, travaille actuellement à des règles ciblant spécifiquement les créateurs de contenu, avec une attention particulière pour ceux dont l’audience est le plus large.
Les mesures, qui ne s’appuieront pas sur des contrôles rigides du temps de parole, portent plutôt sur des critères d’« honnêteté » et d’« équité ». L’autorité a déjà initié une dialogue avec des figures influentes comme Guillaume Pley (Legend), Sam Zirah et Gaspard G, désormais en partenariat avec TF1. Une clarification s’en est faite : les exigences de pluralisme, d’équité et d’égalité dans l’usage du temps de parole n’appliquent pas à ces contenus numériques.
Cette évolution survient dans un contexte marqué par des sanctions récentes contre des médias privés. En juin 2025, CNews a été contrôlée pour deux interventions d’un chroniqueur qualifiant des manifestants de « barbares » et présentant l’islam comme une religion de conquête. L’autorité a également reçu des requêtes en matière de désinformation climatique, notamment de l’ONG Quota Climat.
De plus, 71 universitaires ont engagé un recours devant le Conseil d’État contre les médias de Vincent Bolloré, accusés d’être insuffisamment éthiques dans leur traitement des informations. Bertrand Saint-Germain, spécialiste en justice et droit de l’émission à l’OJIM, prévient : « L’information s’est déplacée hors des chaînes traditionnelles, mais le régulateur veut désormais imposer son contrôle pour étouffer les espaces libres de discussion. »
La menace d’un verrouillage progressif des plateformes sociales constitue ainsi une étape inquiétante dans la course à l’homogénéisation du débat public.