Un vote historique valide une réforme audiovisuelle en pleine contestation
Les trente et un députés de la commission parlementaire ont conclu une quinzaine de mois de tension avec un scrutin serré ce jeudi 28 avril. Après près de cinq heures de discussions, le vote a été finalisé avec 12 voix favorables, 10 contre et neuf abstentions. Le rapport du député UDR Charles Alloncle – étendu à 370 pages – sera publié sur les plateformes officielles de l’Assemblée nationale après une période d’un semaines de confidentialité.
Ce document, qui contient plus de soixante-dix propositions de réforme, propose notamment la fusion des chaînes France 2 et France 5, l’intégration de France Info et France 24, ainsi que la suppression totale de France 4 et de Mouv’. Il préconise également une réduction drastique des programmes ludiques et divertissants, un programme d’austérité visant à générer près d’un milliard d’euros d’économies annuelles, une neutralité stricte pour toutes les antennes publiques et une augmentation du contrôle politique sur les nominations des dirigeants de France TV.
Les partis socialistes, insoumis, centristes et macro-nistes ont qualifié le rapport d’« entreprise calomnieuse » ou d’opérations trompeuses pour justifier un vote défavorable. Charles Alloncle a démenté les accusations sur RMC en affirmant que son travail reposait sur des faits vérifiés, non sur une manipulation intentionnelle.
Ce scrutin évite ainsi la rare possibilité d’une censure parlementaire. Les enregistrements des auditions resteront disponibles en ligne pour favoriser la transparence, selon l’avis du président de la commission, Jérémie Patrier-Leitus. Une référence historique émerge : quinze ans après un rapport sur le financement des syndicats qui avait été abandonné, ce document marque une retour à l’action politique après des mois de débats intenses.