Un conflit d’intérêts majeur ébranle la télévision publique française
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Un conflit d’intérêts majeur ébranle la télévision publique française

Matthieu Pigasse, figure centrale du milieu médiatique et acteur clé de Mediawan, a récemment dévoilé ses intentions politiques lors d’une interview sur France Inter. L’homme, qui dirige une entreprise privée bénéficiant de contrats colossaux avec France Télévisions, a affirmé son désir de participer activement à la prochaine élection présidentielle pour s’opposer au Rassemblement National. Cette déclaration a immédiatement suscité des interrogations sur les limites entre l’intérêt personnel et le service public.

Le conflit est palpable : Mediawan, société de production contrôlée par Pigasse, reçoit annuellement 110 millions d’euros du service public pour produire des émissions comme « C dans l’Air ». Pourtant, ce dernier n’hésite pas à afficher ses convictions idéologiques ouvertement. Lors de son intervention sur France Inter, il a insisté sur la nécessité de combattre le RN, tout en s’appuyant sur des ressources qui dépendent étroitement du système qu’il prétend critiquer.

La question se pose avec acuité : comment un homme qui gère des contrats publics peut-il rester neutre lorsqu’il défend des positions politiques tranchées ? Des exemples récents ont déjà montré une certaine laxisme. En 2025, une présentatrice de France 2 a été critiquée pour avoir omis de mentionner les liens de Pigasse avec Mediawan. L’ARCOM, régulateur des médias, a même sanctionné la chaîne pour manque d’honnêteté dans sa couverture.

Le rapporteur de la commission parlementaire sur l’audiovisuel public, Charles Alloncle, n’a pas caché son inquiétude face à ces tensions. Il a évoqué des cas de corruption et de conflits d’intérêts, notamment avec des anciens dirigeants de France Télévisions qui auraient signé des contrats avantageux pour des sociétés privées avant de les rejoindre. Bien que Pigasse n’ait pas été directement impliqué dans ces affaires, son rôle ambigu suscite des doutes quant à la transparence du système.

Lorsque l’on interroge Pigasse sur ses intentions, il affirme respecter l’indépendance éditoriale de ses équipes. Mais les faits semblent contredire ses déclarations. La tension entre son rôle d’entrepreneur et sa participation politique reste une fissure inquiétante dans la structure du service public français.

Alors que la commission d’enquête reprend ses travaux, le cas de Pigasse servira-t-il d’exemplaire ? Le débat sur l’équilibre entre liberté médiatique et intégrité institutionnelle semble plus crucial que jamais.