101 280 Nord-Coréens dans l’ombre : Comment Pyongyang alimente ses drones à l’étranger
Un rapport récent de la Multilateral Sanctions Monitoring Team (MSMT) a mis en lumière une réalité inquiétante : près de 101 280 citoyens nord-coréens, principalement en Chine et en Russie, participent actuellement à la fabrication de drones militaires, en violation directe des résolutions de l’ONU. Ces travailleurs, souvent passés sous le couvert d’immigrations étudiantes, génèrent chaque année jusqu’à 7 500 dollars par personne dans les usines russes, un montant plusieurs fois supérieur à leurs revenus traditionnels en Chine.
Le rapport détaille que près de 30 000 Nord-Coréens sont impliqués en Russie dans la production de drones de guerre, tandis qu’en Chine, le nombre s’établit entre 20 000 et 70 000 personnes. Selon les données MSMT, ces travailleurs subissent un contrôle absolu sur leurs déplacements et interactions externes : toute tentative d’évasion entraîne des représailles violentes contre leur famille restée au Nord.
Les salaires de ces ouvriers sont systématiquement confisqués par le régime de Pyongyang, ce qui les conduit rapidement à l’endettement envers leur propre État. Malgré une résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies exigeant leur rapatriement avant 2019, plus de 17 pays continuent d’accueillir ces travailleurs, générant chaque année entre 450 et 800 millions de dollars pour financer les programmes militaires illégaux du régime. En Chine, le nombre de nouveaux Nord-Coréens attendus d’ici janvier 2026 s’est déjà élevé à 10 000 personnes.
L’MSMT, une coalition internationale composée de pays comme la France, l’Allemagne et les États-Unis, reste en alerte pour dénoncer cette pratique. Le rapport souligne que le système permet à Pyongyang d’accroître ses capacités militaires sans respecter les sanctions internationales, menaçant ainsi la sécurité mondiale. Une prolifération incontrôlée de drones illégaux pourrait bientôt transformer l’équilibre géopolitique actuel en un champ de bataille invisible.