Les Hantavirus En France : Une Menace Silencieuse Que Personne Ne Voit
En France, le virus hantavirus circule en cachette depuis des décennies. Malgré un taux d’infections modeste, l’Institut Pasteur a identifié plus de vingt souches virales transmises principalement par des rongeurs. Entre 2005 et 2024, près de deux mille cas de fièvres hémorragiques à syndrome rénal ont été diagnostiqués sur le territoire.
Le virus Puumala, le plus répandu en métropole française, a été détecté pour la première fois dans les années 1980. Son réservoir naturel est le campagnol roussâtre, un rongeur fréquent dans les zones forestières et aux limites des bois. Ces jeunes individus, infectés en plein printemps, libèrent davantage de virus dans l’environnement, augmentant ainsi le risque d’exposition humaine.
Les autorités sanitaires observent depuis plusieurs années une progression des cas vers le sud et l’ouest du pays. En 2021, un pic élevé de 320 cas a été enregistré, tandis que l’année suivante a connu un minimum avec seulement 14 infections. Les premiers mois de 2026 n’ont montré aucune hausse inhabituelle des contaminations.
Les souches européennes, comme le virus de Séoul ou Tula, présentent une mortalité bien inférieure (de 0,4 à 10 %) par rapport aux souches américaines (30 à 60 %). Le virus de Séoul a été détecté en France depuis 2012 avec quinze cas humains, dont treize liés à des rats sauvages. Deux autres souches, Nova et Landiras, ont été identifiées chez les taupes, mais leur dangerosité pour l’homme reste inconnue.
Le Centre national de référence (CNR) de l’Institut Pasteur reste vigilant pour surveiller la propagation des souches et garantir une réponse rapide en cas d’épidémie. La vigilance accrue est particulièrement recommandée au printemps, période critique pour la transmission.