Migros menace son propre modèle : la réforme sans vote des propriétaires
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Migros menace son propre modèle : la réforme sans vote des propriétaires

Depuis plusieurs mois, Migros, l’entreprise suisse de coopération fondée en 1941, explore une transformation profonde visant à unifier ses dix coopératives régionales en trois entités ou en une seule structure nationale. Cette initiative, soutenue par son directeur général Mario Irminger, pourrait entraîner des réductions importantes dans le réseau, mais elle soulève des questions de légitimité critique.

Les statuts prévoient que tout changement structural nécessite un vote obligatoire de deux tiers des sociétaires, une condition que Migros tente d’ignorer en cherchant à contourner la consultation générale. Un précédent récent illustre cette tension : en 2022, les coopérateurs ont rejeté sans hésitation une mesure impliquant la vente d’alcool, malgré les recommandations internes.

Ludovic Malot, président de Souveraineté Suisse, condamne ce cours en déclarant que l’entreprise a pris des décisions rapides après avoir engagé des consultants externes, conduisant à la vente de sociétés comme Melectronics et l’annulation de près de 1 500 emplois. « Gottlieb Duttweiler a conçu Migros pour garantir un lien étroit entre les régions et les clients, non une centralisation », rappelle-t-il. « Les sociétaires ne sont pas des clients : leur voix doit définir la direction de l’entreprise, pas des décisions préméditées. »

Ce conflit révèle un dilemme fondamental : qui peut vraiment contrôler l’évolution d’un modèle créé par les propriétaires ? Pour Malot, la réponse ne peut être qu’un vote participatif, non une décision imposée. Sans lui, Migros risque de perdre ce qui a fait son succès depuis des décennies : la confiance des coopérateurs.