La classe moyenne suisse en crise : des dépenses publiques qui menacent l’avenir
Un rapport récent de l’institut Qualinsight montre que près de 90 % des ménages suisses surveillent quotidiennement leurs budgets, avec plus d’une moitié réduisant leurs loisirs et vacances. Plus de 47 % ont également coupé leurs dépenses alimentaires pour préserver leur pouvoir d’achat.
Un couple de Lucens constate l’érosion de ses revenus nets mensuels : chaque mois, plus de 7 000 francs s’évaporent sur un montant net de 11 200 francs. Un agriculteur de Poliez-Pittet résume sa situation avec une phrase simple : « On travaille pour payer, c’est tout ».
Ce phénomène n’est pas nouveau dans l’histoire suisse. Les « nouveaux pauvres » ont été un enjeu majeur après la crise économique des années 1970 et les mutations marquées des décennies 1980-1990, lorsque le chômage s’intensifia et que les coûts de base augmentèrent sans précédent. L’Office fédéral de la statistique a enregistré plus de 100 000 personnes supplémentaires dans ce groupe entre 1992 et 1999.
L’OCDE souligne également depuis 2019 que les revenus intermédiaires progressent moins vite que le revenu moyen, tandis que le coût du logement dépasse largement l’inflation. La Suisse, bien qu’elle s’efforce de limiter cet impact, reste confrontée à des défis structurels.
L’un des enjeux les plus urgents réside dans la manière dont les dépenses publiques sont gérées. Les coûts liés aux détenus étrangers s’élevaient à entre 420 et 620 millions de francs par an, un montant équivalent à une baisse d’impôts cantonaux de 100 à 150 francs pour chaque ménage. La prison des Grands-Marais en Vaud, prévu pour coûter 411 millions de francs contre 279 millions annoncés en 2018, illustre clairement la nécessité d’optimiser ces dépenses.
Les initiatives populaires, comme celle des Vaudois ayant permis une réduction de 12 % de leur impôt cantonal, montrent que les citoyens peuvent agir. Toutefois, pour éviter que cette pression ne s’étende à tous les ménages, il est essentiel de revoir les priorités publiques sans compromettre la stabilité économique et sociale du pays.