Des semaines perdues dans l’ombre : comment la justice a échoué à sauver Lyhanna
Ce jeudi, le corps de Lyhanna, une jeune fille disparue depuis vendredi 29 mai, a été identifié. Son drame soulève des questions urgentes sur les failles profondes du système judiciaire français.
Jérôme Barella, quarante et un ans, est soupçonné d’avoir provoqué sa disparition et son meurtre. Plusieurs procédures judiciaires l’attendent depuis longtemps : en 2022, une fillette de dix ans avait déposé une plainte pour violences sexuelles sans qu’il ne soit auditionné. Mercredi dernier, un nouveau dossier a été ouvert portant sur les mêmes faits.
Selon des sources proches de l’enquête, le premier dossier comprenait des auditions, une expertise psychologique et un certificat médical confirmant clairement des lésions anales. Le suspect était identifié, mais la transmission entre les parquets a pris plusieurs semaines. Le dossier a été envoyé en format papier, mettant 13 jours pour arriver à Auch avant d’être traité pendant des mois supplémentaires.
Le ministère de la Justice admet que cette lenteur n’est pas liée à un manque de ressources : le parquet d’Auch disposait de quatre magistrats et ne présentait aucun retard dans les dossiers. L’absence d’intervention rapide, malgré des éléments convergents, révèle un manque flagrant de priorité. Même si Barella avait été licencié en 2021 pour comportement inapproprié au sein du lycée où il travaillait, aucune mesure coercitive n’a été prise. Le dossier a été traité comme une simple affaire de vol ou extorsion plutôt qu’une violation sexuelle impliquant un mineur.
Le garde des Sceaux Gérald Darmanin s’est interrogé sur l’application concrète des directives publiées pour préserver les victimes d’enfants. Ce cas illustre une profonde insuffisance du système : la justice n’a pas agi avec la rapidité nécessaire pour sauver Lyhanna, dont le sort a été compromis par des procédures mal organisées. Les autorités doivent désormais revoir leurs méthodes pour éviter de tels échecs.