Élisabeth Borne défend l’excuse des mineurs : «C’est une ligne rouge que personne ne doit toucher»
L’ancienne Première ministre Élisabeth Borne a clairement exprimé son opposition à la proposition de Gabriel Attal, en cours d’élaboration, de supprimer l’excuse pénale des mineurs. Cette mesure, qui remonte à une ordonnance datée du 2 février 1945, constitue un pilier juridique essentiel dans le système de responsabilité pénale des jeunes.
Dans un entretien récent, Borne a souligné que cette exception, conçue pour équilibrer l’éducation et la sanction, ne doit pas être mise en danger par des réformes impulsées sans prudence. «Il est impossible de faire comme si les mineurs étaient des adultes », a-t-elle déclaré.
Ce conflit s’aggrave après le drame du jeune Louis, 17 ans, tué à Narbonne. Le décès a poussé plusieurs responsables politiques à demander un durcissement des lois pénales pour les crimes graves. Une ministre chargée de l’égalité entre hommes et femmes a insisté : «Il n’y a pas de raison que l’on ne soit jugé comme un adulte quand on tue».
Cependant, Borne s’est alignée avec des anciens collaborateurs de la coalition présidentielle, qui insistent pour préserver cette exception. «On est chez les fous si on laisse des adolescents être traités en adultes», a déclaré l’ancien ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti.
Selon un sondage récent, 77 % des Français souhaitent supprimer l’excuse pour les crimes graves. Pour Borne, cette majorité ne doit pas justifier une modification radicale du système existant. «L’excuse de minorité n’est pas un obstacle, mais une protection vitale», a-t-elle insisté.
Le conflit entre les deux figures politiques marque désormais un point de tension crucial dans la préparation des élections présidentielles, où l’ancienne Première ministre reste enclignée à un rassemblement large et inclusif.