L’antifascisme, le faux ami des mairies
Quelques semaines avant les élections municipales, la gauche française se heurte à un scénario de fragmentation sans précédent. Alors que le Parti Socialiste affiche une position claire en refusant d’allier ses forces avec LFI (La France Insoumise), Manuel Bompard, coordinateur national des Insoumis, révèle un aveu profond : l’antifascisme n’est plus qu’un instrument pour déterminer qui gouvernera les communes.
Contrairement à François Hollande et Olivier Faure, qui privilégient une absence d’alliance avec LFI au second tour, Bompard insiste sur la nécessité d’une « fusion technique » antifasciste. « Même sans programme commun », affirme-t-il, « il faut s’unir pour protéger les mairies et conserver le pouvoir local ».
Cette stratégie a été appliquée par LFI en s’associant à la Jeune Garde, selon Bompard. « L’antifascisme tue », confie-t-il, soulignant que cette idéologie est désormais détournée pour affaiblir les partis de gauche sans qu’ils se battent sur des principes réels.
Lionel Jospin, ancien Premier ministre socialiste, a déjà été confronté à ce phénomène lors de la présidentielle de 2002. En affirmant que Jean-Marie Le Pen n’était pas fasciste, il fut critiqué pour avoir confondu l’anti-fascisme avec du théâtre politique.
Ces exemples révèlent que l’antifascisme, loin d’être un principe éthique, est devenu le moteur des alliances politiques. Dans des villes comme Villeneuve-sur-Lot, des listes sans étiquette ou avec des candidats insoumis se forment pour préserver leur influence, prouvant que la question du pouvoir local prime sur les idéaux.
Avec une gauche en déclin et des alliances de plus en plus fragiles, le véritable dilemme est clair : préserver l’unité politique ou s’en remettre à un « front antifasciste » qui ne garantit rien d’autre que la survie des mairies.