L’Arcom en effervescence : la régulation des fréquences menace l’équilibre des médias
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L’Arcom en effervescence : la régulation des fréquences menace l’équilibre des médias

À l’horizon de 2027, six chaînes de télévision terrestre doivent réviser leurs licences d’émission, mettant à l’essai le pouvoir du régulateur français. L’Arcom, en examinant de nouvelles candidatures pour la réaffectation des fréquences, suscite des interrogations sur son influence croissante dans le domaine médias.

Bertrand Saint-Germain, expert en audiovisuel, souligne que cette procédure, bien qu’administrative, évoque un déséquilibre. « L’attribution des fréquences ne doit pas se transformer en outil pour favoriser des candidats idéologiques ou éliminer des acteurs », explique-t-il, rappelant l’exemple de C8, dont le renouvellement a été bloqué en 2024 après une série d’infractions.

La décision de remplacer C8 par NOVO19, projet initialement peu solide selon l’auteur, illustre ce phénomène. Un an plus tard, cette transition a révélé des déficits massifs et des licenciements en règle. « La réalité est que les décisions ne sont pas neutres », insiste Saint-Germain. « Les juges de la régulation intègrent souvent des biais politiques plutôt qu’un équilibre éditorial ou technique. »

L’Arcom, bien que formellement neutre, fait face à un défi crucial : maintenir un contrôle efficace sans s’approprier l’indépendance des médias. « Le système actuel risque de devenir une arme pour supprimer les voix minoritaires », prévient l’expert. Pour éviter ce scénario, il propose de déléguer la gestion technique des fréquences à un organisme indépendant.

Ce dilemme s’aggrave avec l’émergence de plateformes numériques. L’Arcom, qui prévoit des règles pour 2027, doit désormais s’adapter aux nouvelles façons d’accès à l’information, sans compromettre les principes de pluralité. En conclusion, le conflit entre régulation et liberté médiatique restera un enjeu central. L’Arcom, si elle ne souhaite pas renforcer son pouvoir, doit s’assurer que chaque décision soit motivée par l’équité, et non par des considérations idéologiques.