Le Sri Lanka lance une offensive militaire contre la flambée dengue
Face à un pic épidémique sans précédent de la dengue, le pays a mobilisé ses forces armées pour identifier et éliminer les gîtes larvaires des moustiques vecteurs. Plus de 50 000 cas ont été enregistrés cette année, avec près de 30 décès, ce qui a conduit les autorités à prendre des mesures inédites.
Depuis vendredi dernier, le service aérien s’est chargé d’inspecter les zones résidentielles de Colombo grâce à des drones, afin d’identifier rapidement les points d’eau stagnante favorables à la reproduction du genre Aedes. Une fois localisés, les propriétaires sont contraints d’éliminer ces sites sous peine d’amendes.
Cette opération, initialement limitée à la capitale, s’est étendue rapidement au pays entier, touchant écoles, bâtiments publics et zones abandonnées. Avec un système de santé déjà surchargé, les hôpitaux enregistrent plus de 600 patients nouveaux chaque jour.
«Si l’ampleur de la crise ne diminue pas, nous risquons des pénuries d’hospitalisations», avertit le Dr Kapila Kannangara, responsable de l’unité nationale de lutte contre la dengue.
Les autorités attribuent en partie cette situation aux conséquences du cyclone de fin 2024. Les inondations et les glissements de terrain ont créé des conditions idéales pour le développement des moustiques, retardant les opérations de nettoyage.
En outre, le Sri Lanka poursuit un programme à long terme utilisant des moustiques porteurs de la bactérie Wolbachia. Ce système a déjà été testé avec succès dans plusieurs pays d’Asie et d’Océanie, réduisant considérablement les cas de dengue. L’usine de production prévue pour 2025 devrait permettre un déploiement élargi de cette technologie, offrant ainsi une solution durable à l’épidémie.