L’effondrement numérique du Point : quand l’intelligence artificielle éclate les fondations de la rédaction
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L’effondrement numérique du Point : quand l’intelligence artificielle éclate les fondations de la rédaction

Depuis janvier 2026, le quotidien Le Point subit une dégradation inquiétante de son audience en ligne, passant du classement ACPM n°34 à celui d’ordre 50 en quelques mois. Une stratégie d’économie radicale, consacrant l’intelligence artificielle pour remplacer les équipes humaines, a provoqué un effondrement des visiteurs et une profonde crise au sein de son service web.

En février dernier, le site comptait seulement 5,1 millions de visiteurs uniques, un chiffre qui rappelle la baisse historique observée en août 2014. Les données de Médiamétrie indiquent que l’engagement moyen des internautes s’est réduit à 5 minutes et 45 secondes, le plus bas depuis mai 2020.

La direction du magazine, sous la présidence d’Étiennne Gerelle, a décidé de privilégier des algorithmes d’intelligence artificielle comme « MerciApp » pour les correcteurs orthographiques et la génération de titres. Cependant, ces outils génèrent des erreurs fréquentes, entraînant un sentiment d’abandon parmi l’équipe. L’impact est visible : plus de 50 rédacteurs ont quitté le site depuis le début du PSE (plan de sauvegarde), et les contrats des équipes restantes n’ont pas été renouvelés.

Clément Pétreault, directeur délégué, a récemment affirmé que la stratégie visait à imiter The Atlantic en développant des chroniques approfondies. Mais le résultat est nuancé : Le Point perd chaque année 6,8 % d’abonnés, et ses chiffres de diffusion en papier ont chuté de 6 %.

« C’est comme si le site disparaissait », confie un pigiste, soulignant la dégradation des rapports entre l’équipe humaine et son utilisation croissante de l’intelligence artificielle. En mars 2026, le titre a également vu quitter Mathilde Gardin, rédactrice en chef numérique.

Alors que d’autres médias français utilisent l’IA de manière plus contrôlée, Le Point semble être le premier à sacrifier ses équipes humaines. Sans une réelle transition, la situation risque d’engendrer un effondrement total.