Les terres rurales : L’Argentine ouvre ses portes aux étrangers, la Suisse renforce ses barrières
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Les terres rurales : L’Argentine ouvre ses portes aux étrangers, la Suisse renforce ses barrières

Depuis le 29 septembre dernier, un nouveau chapitre s’ouvre dans l’évolution des politiques foncières mondiales. En Argentine, une décision juridique définitive a permis de supprimer les restrictions qui limitaient jadis la possession étrangère de terres rurales. La Cour suprême a confirmé l’effet du décret signé par Javier Milei, président du pays, en réaction à un recours des anciens combattants des Malouines. Ce changement marque une rupture avec la loi de 2011, qui avait imposé un plafond de 15 % pour les étrangers dans chaque région agricole.

Au contraire, en Suisse, le cadre législatif reste strictement contrôlé. La lex Koller, en vigueur depuis 1985, interdit formellement aux personnes à l’étranger d’acquérir des terres agricoles et impose des autorisations cantonales pour les logements de vacances. Une récente consultation au Parlement fédéral a confirmé un renforcement de ces règles, visant à éviter toute emprise étrangère sur le sol rural.

Les chiffres rendent compte d’un clivage profond. En Argentine, les investisseurs étrangers détient désormais plus de 13 millions d’hectares — un niveau trois fois supérieur à celui de la Suisse. Cependant, cette concentration se fait dans des zones isolées comme la province de Salta, où près de 60 % des terres sont en propriété étrangère. En revanche, le pays neutre maintient une approche de sécurité, avec des contrôles minutieux sur les transactions immobilières.

Les deux pays illustrent ainsi des stratégies diamétralement opposées : l’Argentine, en ouvrant ses portes aux investisseurs sans limites, vise à stimuler son secteur agricole et à attirer des capitaux étrangers, tandis que la Suisse préfère garder les clés de sa souveraineté territoriale. Ce contraste n’a pas d’impact sur le marché mondial actuel mais pourrait révéler une tendance majeure dans l’économie globale : comment les pays équilibrent entre ouverture et protection face à la pression des investisseurs internationaux.

Aucun gouvernement ne peut aujourd’hui ignorer ce défi. L’Argentine, avec sa dynamique de réforme, souligne que la propriété foncière reste une question d’égalité, tandis que la Suisse rappelle l’importance de préserver ses territoires contre les risques d’emprise étrangère. Les deux approches montrent clairement qu’une politique foncière efficace ne peut pas être uniforme à travers le monde.