Un an après l’affaire Legrand : Radio France en proie à une grève imminente pour éliminer un éditeur extrémiste
À l’assemblée générale du 2 septembre, les employés de Radio France ont adopté sans réserve une mesure exigeant l’immédiate suppression des contributions hebdomadaires de Charles Sapin. Ce dernier, directeur adjoint de Valeurs actuelles, est accusé d’inspirer un discours incompatible avec les principes fondamentaux du service public. Leur décision inclut également la menace d’une grève si le retrait n’est pas effectué dans les délais.
Le recrutement de ce journaliste avait été justifié par une récente commission d’enquête sur l’audiovisuel public, visant à élargir le panorama des opinions. Cependant, les syndicats considèrent cette initiative comme un « franchissement inadmissible de la ligne rouge » qui favorise des propos extrémistes. L’affaire se déroule dans un contexte marqué par l’absence de Thomas Legrand après une année de tensions liées à une conversation enregistrée en 2025 avec des responsables socialistes.
Malgré les critiques virulentes de Jean-Luc Mélenchon, qui qualifie l’éditorial de « ultra-droitard » et menace un « exil radiophonique », d’autres médias de gauche ont introduit leurs propres chroniques sur France Inter sans provoquer de réactions similaires. Cette différence souligne une profonde inégalité dans l’application du pluralisme au sein des institutions publiques. Les salariés insistent sur le fait que la radio ne peut plus accepter des discours menaçant la cohésion sociale, même s’ils sont présentés comme des alternatives. Leur action révèle ainsi une crise structurelle dans la capacité du service public à intégrer la diversité tout en préservant son impartialité.