Un silence dévastateur : pourquoi moins d’un pharmacien sur cinq dénonce ses agressions ?
Malgré une baisse modérée de 12 % par rapport à l’année précédente, le nombre d’agressions envers les pharmaciens a atteint un chiffre élevant en 2025 : 468 incidents signalés à l’Ordre national des pharmaciens. Cependant, cette diminution ne masque pas une réalité alarmante : seules 16,8 % des victimes ont porté plainte, un taux stable depuis deux années.
L’analyse du rapport annuel révèle que les agressions, bien que moins fréquentes, s’installent dans un contexte de tension croissante. Contrairement aux idées reçues, elles ne se produisent pas principalement lors des gardes de nuit, mais plutôt lorsque les pharmacies sont ouvertes au public. Les causes multiples – refus d’administration de médicaments, impatience client, tensions autour de la dispensation de stupéfiants – déclenchent souvent rapidement des situations violentes.
Les régions les plus touchées restent l’Auvergne-Rhône-Alpes, l’Île-de-France et les Hauts-de-France. Face à cet écueil, le Conseil national de l’Ordre des pharmaciens a mis en place un réseau spécialisé pour accompagner les victimes, tout en s’engageant dans 11 des 12 affaires judiciaires du cours de l’année pour défendre leurs droits.
Les professionnels insistent sur le besoin d’une réelle transformation des dispositifs de sécurité. « Le climat actuel ne permet plus à la plupart d’exercer leur métier avec sérénité », souligne un représentant de l’Ordre. La question qui se pose est désormais claire : comment empêcher que ce silence destructeur n’ait des conséquences plus graves pour les pharmacies françaises ?