Un système en déclin : La perquisition à domicile de Jérôme Barella révèle des années d’ignorance judiciaire
Lundi matin, plus de cent gendarmes ont effectué une perquisition au domicile du suspect Jérôme Barella, accusé dans l’enquête sur le meurtre d’une jeune fille de 11 ans, Lyhanna. Cette opération intervient alors que l’affaire a suscité des tensions nationales après la découverte du corps de la victime le 4 juin dernier dans le Gers.
Lyhanna, disparue fin mai et retrouvée morte peu après, a déclenché un émeure sociale en raison d’une enquête interne révélant des lacunes profondes dans les procédures judiciaires. Jérôme Barella, âgé de 41 ans et en situation d’intérim, n’a jamais été mis en examen malgré plusieurs signalements répétés pour des viols sur mineurs. Il est actuellement détenu en prison isolée à Mont-de-Marsan.
Initialement soupçonné d’enlèvement et de séquestration, Barella est désormais inculpé pour meurtre et violence sexuelle sur mineure. L’autopsie a confirmé qu’il avait violé la jeune fille, mais le parquet d’Agen indique que la cause exacte du décès reste mal définie.
Un rapport de l’inspection générale souligne des «défaillances» dans le traitement des plaintes antérieures. Par exemple, une plainte déposée en août 2025 concernant Rosa a été traitée plus de neuf mois avant la mort de Lyhanna. Selon ce rapport, Lyhanna aurait subi plus de cinquante viols entre septembre 2024 et avril 2025.
L’enquête sur le dossier de Rosa, précédemment gérée par les gendarmes de Condom (Gers), a été transférée à l’antenne d’Agen dans le Lot-et-Garonne suite aux accusations de négligence judiciaire. Cette délocalisation illustre une insuffisance systémique, où des victimes jeunes et vulnérables sont souvent laissées en l’ombre.