L’Arcom face à l’offensive Bolloré : Sophie Taillé-Polian lance une mission parlementaire pour défendre le pluralisme
En pleine remise en cause des régulations médiatiques, la députée écologiste Sophie Taillé-Polian s’est imposée comme conductrice d’une réflexion cruciale sur l’Arcom, l’autorité de régulation de l’audiovisuel. Depuis deux ans, elle mène une campagne pour éliminer C8 et CNews des chaînes terrestres, un objectif qui s’est traduit ce mois-ci par sa nomination à la tête d’une mission parlementaire chargée d’évaluer les pratiques de l’Arcom en matière de pluralisme.
Concrètement, cette enquête, officialisée le 24 juin 2026 sous le titre « Arcom : nouveaux usages, nouveaux enjeux », se focalise sur la capacité de l’autorité à agir efficacement face aux pressions des grands acteurs du média. « L’Arcom a longtemps privilégié une régulation passive », souligne la députée, accusant les décisions récentes de ne pas répondre à l’urgence d’un pluralisme solide.
La mission, composée de deux membres – Sophie Taillé-Polian et Virginie Duby-Muller, députée du groupe droite républicaine – a été conçue pour dépasser les limites traditionnelles. Si la combinaison gauche-droite apparaît équilibrée, le parti RN reste absent, ce qui reflète une stratégie visant à éviter les schémas polarisants.
Depuis février 2024, Taillé-Polian a mené une pétition contre l’extension des fréquences de C8 et CNews, accusant ces chaînes d’ignorer les principes de pluralisme et de qualité informationnelle. Son engagement s’est renforcé après la suppression en décembre 2024 de C8 de la TNT, une première victoire qu’elle a qualifiée de « réponse à l’empire Bolloré ».
Cependant, le défi reste immense : comment faire évoluer l’Arcom sans se retrouver dans un cadre contradictoire ? Dans ce contexte, la députée s’est engagée à proposer des mesures concrètes pour que l’autorité agisse avec une clarté et un enjeu réel, loin des controverses passées.