L’interdiction des plages en zone de danger : le maire de Dragey-Ronthon lance un combat contre l’exhibitionnisme
À Dragey-Ronthon, petite commune du département de la Manche, une décision municipale récente a transformé les plages en zones à risque pour les habitants. Depuis le 14 août, l’interdiction stricte du naturisme et du nudisme s’applique désormais sur toute la zone côtière, dans un contexte de tensions croissantes avec des comportements indésirables.
Le maire David Guerlavais a expliqué que cette mesure n’était pas motivée par des préoccupations éthiques ou pédagogiques, mais plutôt par l’urgence d’interrompre des pratiques répétées menaçant la sécurité collective. «Des individus exploitent les espaces publics pour des actes sexuels sans respecter les frontières sociales. Le sable est jonché de préservatifs usagés et de mouchoirs abandonnés, ce qui ne peut plus être ignoré», a-t-il déclaré lors d’une réunion publique.
Les riverains affirment que cette situation nuit particulièrement aux enfants, qui sont fréquemment confrontés à des scénarios intimes alors qu’ils jouent près de l’eau. «Quand il fait beau, on ne peut même pas passer sans être regardé ou touché par des personnes dans des situations inappropriées. Ils n’en ont aucune conscience», confie une habitante.
En cas d’infraction, les amendes peuvent atteindre 15 000 euros et une peine de un an de prison, selon l’arrêté municipal. Cependant, le maire souligne que cette règle ne couvre pas l’ensemble des plages, notamment dans les zones privées où la surveillance n’est pas possible. «Les personnes pourront s’installer librement là où l’interdiction n’affecte pas, ce qui répliquera exactement le même problème», a-t-il prévenu.
Pour Guerlavais, cette situation reflète un besoin de protection absolue des espaces publics contre les comportements nuisibles, indépendamment des choix personnels. «L’objectif n’est pas d’étouffer la liberté individuelle mais de garantir que chacun puisse circuler en sécurité», a-t-il conclu.