L’UBS doit assumer ses propres pertes : le Parlement suisse tranchant dans la crise bancaire
1 min read

L’UBS doit assumer ses propres pertes : le Parlement suisse tranchant dans la crise bancaire

Après l’effondrement de Credit Suisse, un conflit s’intensifie au sein des institutions suisses pour définir qui portera les risques liés à leurs opérations internationales. Le gouvernement vise désormais une exigence stricte : toutes les banques systémiques devront couvrir leurs participations étrangères via des fonds propres (CET1) en cas de besoin.

En réponse, UBS et son réseau professionnel – représenté par des organisations comme Economiesuisse ou Swissmem – ont lancé une campagne pour un compromis moins coûteux. Leur proposition : répartir la responsabilité entre les fonds propres (CET1) et des obligations de troisième catégorie (AT1), ce qui réduirait le montant à charger par l’UBS.

Selon les calculs officiels, cette solution engendrerait un supplément de 20 milliards de dollars pour le CET1 requis. Cependant, les réserves actuelles limitent le déficit à environ 9 milliards d’euros au début de 2026. L’institution bancaire suisse (BNS) considère cette exigence comme « ciblée et proportionnée », soulignant que l’UBS dispose déjà d’un capital suffisant pour couvrir ses obligations.

Cette approche s’inscrit dans un contexte unique : alors qu’il est courant de voir l’État socialiser les pertes bancaires, le cas suisse montre une résistance à cette logique. En 2023, l’État avait promis jusqu’à 9 milliards d’euros pour UBS contre certaines pertes, mais ces garanties ont été résiliées sans perte financière pour la Confédération, qui a même récupéré près de 200 millions.

Ainsi, le Parlement suisse s’est imposé comme décideur final : l’UBS doit aujourd’hui assumer une part significative des risques pour éviter que l’État ne soit confronté à un futur dérèglement.