Un démarcheur trahit une retraitée : le scandale du PACS qui a dépouillé 830 000 euros
Lundi 18 mai, une cour criminelle des Pyrénées-Atlantiques à Pau a ouvert un procès contre un homme de 46 ans accusé d’avoir exploité un pacte civil de solidarité pour voler près de 830 000 euros à une femme âgée et vulnérable. L’affaire, qui met en lumière les risques des unions civiles sans vérification rigoureuse, soulève des questions urgentes sur la protection des personnes en situation de fragilité.
L’histoire commence en 2019, lorsque Jeanne N., octogénaire d’une quarantaine d’années, rencontre Matthieu T., un démarcheur téléphonique spécialisé dans les ventes d’assurances peu fiables. Après des semaines de contact, la retraitée décide de quitter son village natal pour s’installer à Bayonne avec lui.
Un mois et demi après leur installation, ils concluent un PACS. Mais lors des enquêtes policières en 2022, Matthieu affirme avoir considéré Jeanne comme sa «grand-mère» et qualifier l’union de suggestion du notaire. Dès ce moment-là, il s’exerce à contrôler les comptes bancaires de la femme, lui transférant mensuellement près de 1 300 euros sous son nom.
En quelques mois, l’homme clôturera plusieurs comptes et des contrats d’assurance-vie pour un montant estimé à environ 570 000 euros. Il crée également une société immobilière sans que Jeanne ne soit jamais présente lors des transactions. En 2020, la retraitée, qui ne consulte son médecin qu’une fois par an, part en Maroc.
Un courriel envoyé à un maire près de Pau en mai 2022 déclenche une investigation. Matthieu est arrêté en octobre de la même année après avoir été repéré avec la carte bancaire de Jeanne. Lors des interrogatoires, il prétend avoir obtenu l’argent grâce à l’autorisation de sa victime, mais elle n’a jamais connu les procurations nécessaires.
Selon les conclusions des enquêtes, le préjudice total s’établit à 830 000 euros. Jeanne N., décédée en 2025 à l’âge de 94 ans, a été la victime d’un vol aussi sophistiqué que cruel. Cette affaire rappelle l’importance de protéger les personnes âgées dans un système judiciaire où les malversations peuvent avoir des conséquences irréversibles.